Généalogie Dubuc-Landry

Une histoire de familles

Frère Alfred Bessette, c.s.c.

Frère Alfred Bessette, c.s.c.

M 1845 - 1937  (91 ans)

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  • Nom Alfred Bessette 
    Titre Frère 
    Suffixe c.s.c. 
    Autre nom Frère André 
    Sexe
    Naissance 09/08/1845  Mont Saint-Grégoire, QC Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  [1
    Baptême 10/08/1845  Saint-Grégoire-le-Grand, Mont Saint-Grégoire, QC Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  [1
    • Parrain - Edouard Bessette
      Marraine - Josephte Foisy
      Officiant religieux - Pierre-Albert Sylvestre, Ptre
    • La naissance d'Alfred Bessette (frère André)

      Les registres de la paroisse Saint-Grégoire le Grand de Mont Saint-Grégoire pour le 10 août 1845 font état de son acte de baptême :

      «B 92 Alfrede Bessette

      Le dix août mil huit cent quarante cinq, par nous prêtre soussigné a été baptisé sous condition Alfred né la veille du légitime mariage d'Isaac Bessette menuisier et de Clautilde Foisy, de cette paroisse. Le parrain a été Edouard Bessette et la marraine Josephte Foisy, oncle & tante de l'enfant qui ainsi que le père ont déclaré ne savoir signer.
      P.A. Sylvestre ptre».
      Noter la graphie de certains des prénoms.

      Dans la marge, on peut lire l'annotation suivante :

      «Frère André décédé le 6 janv. 1937, à Montréal Monument ici 12 août 1945 JLM Curé».

      Le présent billet veut souligner la journée de sa canonisation par l'église catholique, le 17 août 2010.

      Source:  Le chercheur nomade
    Décès 06/01/1937  Hôpital Notre-Dame-de-L'Espérance, Saint-Laurent, QC Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  [2
    Sépulture 12 janvier/1937  Oratoire Saint-Joseph, Montréal, QC Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  [3
    • L'inhumation d'Alfred Bessette (frère André)

      Les registres de la paroisse Notre-Dame des Neiges de Montréal pour le 12 janvier 1937 font état de son acte de sépulture :

      «S-1 Bessette Alfred (frère André)

      Le douze janvier, mil neuf cent trente sept, Nous Joseph-Eugène Limoges, évêque de Mont-Laurier, avons déposé dans le sarcophage sis et situé à l'intérieur de l'Oratoire Saint-Joseph sous la direction des Pères Sainte-Croix et sur le territoire de la paroisse Notre-Dame des Neiges le corps d'Alfred Bessette, fils d'Isaac Bessette et de Clotilde Foisy, né et baptisé à Saint-Grégoire d'Iberville le neuf août, mil huit cent quarante cinq, entré dans la Congrégation de Sainte-Croix en mil huit cent soixante et dix et connu sous le nom vénéré de Frère André, décédé à Saint-Laurent le six janvier courant, à l'âge de quatre vingt-onze ans, quatre mois et vingt sept jours, muni des Sacrements de notre Mère la Sainte Eglise par le Révérend Père
      Etaient présents son Eminence Revendissime Rodrigue Cardinal Villeneuve, archevêque de Quebec, Son Excellence, Monsieur Esiof Patenaude, lieutenant gouverneur du Québec, Le Très Honorable Premier Ministre du Québec, Monsieur Maurice Duplessis, Monsieur l'abbé Auguste La Palme curé de Notre Dame des Neiges, le Très Reverend Père Alfred Charron Supérieur Provincial des P.P. de Sainte-Croix, le Révérend Père Albert Cousineau c.s.c., un grand nombre d'autres, en outre d'une foule immense venue de Montreal de tout le Québec et des Etats Unis dont plusieurs ont signé avec Nous après lecture faite.
      ...
      + J Eug Langevin évêque de Mont Laurier».

      Un total de total de 62 signatures au bas de l'acte de sépulture complètent cet acte. Parmi celles-ci, celle du cardinal Rodrigue Villeneuve, du premier ministre Maurice Duplessis, du Lieutenant-gouverneur, d'évêques, de députés et de membres de la famille Bessette. Cet humble portier aurait été sans doute étonné de la présence de ces personnalités mais surtout de celle de la «...foule immense».

      Noter que la date de son baptême mentionnée dans l'acte est erronée, il s'agit plutôt du 10 août 1845.

      Source:  Le chercheur nomade
    Religion 12/06/1978  Cité du Vatican, Rome, Italie Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu 
    Vénérable 
    Religion 23/05/1992  Cité du Vatican, Rome, Italie Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu 
    Béatifié 
    Religion 17/10/2010  Cité du Vatican, Rome, Italie Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu 
    Canonisé 
    Occupation Religieux - Frère André
    Profession de foi - 2 Février 1874
    Congrégation Sainte-Croix 
    ID personne I866  Généalogie Dubuc-Landry
    Dernière modif. 21/10/2020 

    Père Isaac Valentin Bessette,   n. 13/02/1807, Saint-Mathias-sur-Richelieu, QC Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu,   d. 19/02/1855, Farnham, QC Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  (à l'âge de 48 ans) 
    Mère Clothilde Marie Foisy,   n. 08/01/1814, Chambly, QC Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu,   d. 20/11/1857, Farnham, QC Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  (à l'âge de 43 ans) 
    Mariage 27/09/1831  Saint-Mathias-sur-Richelieu, QC Trouver tous les individus avec un évènement dans ce lieu  [4
    Enfants 13 enfants 
    ID Famille F242  Feuille familiale  |  Tableau familial

  • Carte d'événements
    Lien Google MapNaissance - 09/08/1845 - Mont Saint-Grégoire, QC Lien Google Earth
    Lien Google MapBaptême - 10/08/1845 - Saint-Grégoire-le-Grand, Mont Saint-Grégoire, QC Lien Google Earth
    Lien Google MapDécès - 06/01/1937 - Hôpital Notre-Dame-de-L'Espérance, Saint-Laurent, QC Lien Google Earth
    Lien Google MapSépulture - 12 janvier/1937 - Oratoire Saint-Joseph, Montréal, QC Lien Google Earth
    Lien Google MapReligion - Vénérable - 12/06/1978 - Cité du Vatican, Rome, Italie Lien Google Earth
    Lien Google MapReligion - Béatifié - 23/05/1992 - Cité du Vatican, Rome, Italie Lien Google Earth
    Lien Google MapReligion - Canonisé - 17/10/2010 - Cité du Vatican, Rome, Italie Lien Google Earth
     = Lien Google Earth 
    Légende Adresse Paroisse Cimetière Hôpital Quartier Ville Comté Etat/Province Pays Region Non spécifié

  • Photos
    Alfred Bessette
    Alfred Bessette

    Documents
    Acte de Baptême
    Acte de Baptême

  • Notes 
    • BESSETTE, ALFRED, dit frère André, frère convers de la Congrégation de Sainte-Croix et figure charismatique, né le 9 août 1845 dans la paroisse de Saint-Grégoire (Mont-Saint-Grégoire, Québec), fils d’Isaac Bessette et de Clothilde Foisy ; décédé le 6 janvier 1937 à l’hôpital Notre-Dame-de-l’Espérance de ville Saint-Laurent (Montréal).

      Alfred Bessette est le neuvième enfant d’une famille de 13 (dont 4 morts en bas âge). Il est si frêle à sa naissance que le curé le baptise, le lendemain, « sous condition ». À l’automne de 1849, Isaac Bessette vend sa propriété de Saint-Grégoire et achète une terre à neuf milles de là, au sud-est, à Farnham, près de la rivière Yamaska. Le père de famille, pauvre, exerce divers métiers : menuisier, charpentier, tonnelier et charron. Le 20 février 1855, un arbre qu’il abat lui tombe sur la poitrine et le tue. Désormais seule avec ses enfants, Clothilde assure leur éducation chrétienne et leur transmet la dévotion traditionnelle à la sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Restée sous le choc de la mort de son mari, elle dépérit et meurt de tuberculose le 20 novembre 1857.

      Alfred a 12 ans. Il est recueilli par sa tante maternelle Marie-Rosalie et son mari Timothée Nadeau, qui résident à Saint-Césaire. Il suit des leçons de catéchisme, puis reçoit la confirmation de Mgr Jean-Charles Prince*, premier évêque de Saint-Hyacinthe, le 7 juin 1858. Sa pauvreté et sa santé fragile expliquent la brièveté de ses études ; il ne saura que signer son nom et lire les caractères imprimés. Pour gagner sa vie, Alfred transporte des matériaux de construction. Quand l’oncle Nadeau, en 1860, part chercher de l’or en Californie, le maire de Saint-Césaire, Louis Ouimet, accueille l’adolescent pour travailler dans la ferme. Alfred exerce ensuite divers métiers à Farnham, à Saint-Jean (Saint-Jean-sur-Richelieu), à Waterloo et à Chambly. En 1862, de retour à Saint-Césaire, il est apprenti boulanger et cordonnier. Ces multiples expériences de travail n’améliorent pas son état, lui qui ne digère rien, disent des témoins, mais qui prie toujours. D’ailleurs, depuis sa tendre enfance à Farnham, Alfred a des comportements qui inquiètent son entourage : malgré sa santé fragile, il se prive de dessert et porte à la taille une ceinture en cuir avec des pointes de fer. Ses stations de prière à genoux sont longues, fréquentes et intenses : on le trouve les bras en croix, devant un crucifix, à l’église, dans sa chambre ou dans une grange.

      Dans l’espoir d’y trouver un travail adapté à sa constitution, Alfred prend le train pour la Nouvelle-Angleterre en octobre 1863. Des milliers de compatriotes attirés par la prospérité du pays y ont déjà émigré, et parmi eux, des frères, des sœurs et des connaissances d’Alfred. Le jeune homme de 18 ans, qui a peine à supporter le travail en usine, alterne les emplois dans des filatures de coton avec le travail dans des fermes. Il est embauché au Connecticut (Moosup, Putnam, Hartford et Killingly), au Massachusetts (North Easton) et au Rhode Island (Phenix). Réservé de nature, Alfred, épuisé après sa journée de travail, s’enferme dans sa chambre et prie.

      Après avoir cherché sans succès pendant quatre ans un emploi qui lui convienne, Bessette revient au Canada en 1867 et s’installe à Sutton, où vivent sa sœur Léocadie et son frère Claude. Il retourne bientôt à Farnham. Le prêtre de l’endroit, Édouard Springer, l’engage pour prendre soin du cheval, du jardin et des gros travaux du presbytère. Quand il change de cure en 1868, Bessette retourne à Saint-Césaire chez Louis Ouimet ; ce dernier, témoin de sa piété, en parle à son curé, André Provençal. Interrogé sur son désir d’entrer en religion, Alfred invoque son ignorance. L’abbé Provençal calme ses réticences en l’assurant qu’il trouvera dans la Congrégation de Sainte-Croix, à laquelle il confie en 1869 la direction d’un collège dans sa paroisse, le climat de prière dont il a besoin, tout en se rendant utile.

      Le 22 novembre 1870, Bessette se présente au collège Notre-Dame, à Côte-des-Neiges (Montréal), où la Congrégation de Sainte-Croix vient d’installer son noviciat. Le mois précédent, le curé Provençal a écrit une lettre de recommandation au maître des novices, Julien-Pierre Gastineau, lui disant qu’il envoyait un saint à sa communauté. Le 8 décembre, le pape Pie IX déclare saint Joseph patron de l’Église universelle. Avec un autre postulant, Bessette prend l’habit religieux le 27 décembre, ainsi que le nom d’André, en l’honneur du curé Provençal. On lui confie la fonction de portier du collège, qu’il exercera jusqu’à la mi-juillet 1909. Il doit aussi assurer la propreté des lieux, faire les courses, donner l’aumône aux pauvres. Il fait de plus office de barbier et d’infirmier auprès des collégiens malades, s’occupe du courrier, du transport des colis des élèves, qu’il accompagne parfois les jours de promenade. En 1872, les supérieurs de la congrégation hésitent cependant, en raison de sa mauvaise santé, à l’admettre à la profession religieuse. Après une conversation avec Mgr Ignace Bourget* – celui-là même qui a fait venir la congrégation au pays [V. Joseph-Pierre Rézé* ; Jean-Baptiste Saint-Germain*] –, le frère André est rassuré. Peu après, le nouveau maître des novices, Amédée Guy, le recommande en disant : « Si ce jeune homme devient incapable de travailler, il saura au moins bien prier. » Admis à prononcer ses vœux temporaires le 22 août 1872, le frère André fait sa profession perpétuelle à 28 ans et 6 mois, le 2 février 1874.

      Parmi les visiteurs que le frère André accueille au collège se trouvent des personnes qui confient leur maladie à ses prières. D’autres l’invitent à les visiter à la maison. Le religieux prie avec eux ; il leur remet une médaille de saint Joseph, celui à qui il voue une dévotion particulière, quelques gouttes de l’huile d’olive qui brûle devant la statue du saint, dans la chapelle du collège, et leur conseille de s’en frictionner avec confiance. Des personnes, de plus en plus nombreuses, se mettent à déclarer avoir été guéries ou soulagées de cette manière. Le premier récit connu, celui de Désiré-Michel Giraudeau, dit frère Aldéric, qui rapporte sa propre guérison ainsi que celle de plusieurs autres personnes, est publié à Paris en 1878, dans les Annales de l’Association de Saint-Joseph. La réputation de thaumaturge et de sainteté du petit frère – il mesure à peine plus de cinq pieds – se répand de bouche à oreille. La direction du collège finit par s’inquiéter du flot croissant des visiteurs. Des parents, des confrères et même le médecin de l’établissement dénoncent aux autorités religieuses et sanitaires de la ville la présence de malades à proximité des élèves. Certains qualifient le frère de charlatan, de vieux graisseux… Autour de 1900, on demande au frère André de recevoir les malades dans un abri construit en face du collège, à l’arrêt du tramway, pour les parents des élèves. Il amène ses visiteurs prier devant une statue de saint Joseph qu’il a installée dans une niche sur le mont Royal. Le terrain, acquis en 1896 par le collège Notre-Dame, a été nommé parc Saint-Joseph ; la partie du bas sert à la culture et celle du haut fait office de lieu de récréation. Le frère André nourrit le projet d’y ériger une chapelle à saint Joseph. Avec l’appui de ses amis – les vœux de plusieurs d’entre eux ont été exaucés après avoir prié avec lui –, il finit par obtenir l’autorisation de la construire. La direction du collège et l’archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési, précisent toutefois que les frais engagés seront à la charge des demandeurs. Grâce aux dons offerts spontanément, en argent ou en nature (par exemple des statues, des vases, des vêtements liturgiques, une cloche), le sanctuaire primitif est inauguré le 16 octobre 1904.

      De 1905 à 1908, la cérémonie du jeudi de l’Ascension et la procession de septembre marquent l’ouverture et la fermeture de la saison des pèlerinages. Après s’être réunis à plusieurs reprises en 1907, les zélateurs de l’oratoire Saint-Joseph se constituent en comité le 9 septembre 1908, sous le nom de comité de l’oratoire Saint-Joseph de la Côte-des-Neiges. L’afflux des pèlerins est tel qu’on devra augmenter les dimensions de la chapelle à quatre reprises de 1908 à 1912. Chaque fois, la générosité populaire permettra de payer les travaux rubis sur l’ongle. Le comité existe jusqu’à la mi-juillet 1909 ; à partir de ce moment, les autorités du collège Notre-Dame assument l’administration de l’oratoire, dont le frère André devient alors le gardien. Une association pieuse, la confrérie de Saint-Joseph du Mont-Royal, est constituée officiellement par Mgr Bruchési le 21 novembre 1909. Des laïques, hommes et femmes, amis du frère André et bienfaiteurs de l’œuvre, en font partie et sont convoqués par le recteur de l’oratoire, le supérieur provincial Georges-Auguste Dion*, pour une heure de prière à trois heures de l’après-midi, le troisième dimanche de chaque mois. C’est l’occasion de rendre compte des affaires du sanctuaire : lettres reçues, intentions recommandées, guérisons obtenues, renseignements divers sur le développement et les activités de l’œuvre. À partir de 1910, le frère André a un secrétaire pour répondre au courrier qui lui est adressé.

      En 1912, on organise le conseil de l’oratoire Saint-Joseph, formé de trois prêtres et de trois frères de Sainte-Croix, dont le frère André. La revue mensuelle les Annales de Saint-Joseph – destinée à répandre la dévotion à saint Joseph et à faire connaître les œuvres de l’oratoire et les missions de la Congrégation de Sainte-Croix au Bengale, tout en faisant écho aux préoccupations sociales de l’époque – commence à paraître à Montréal la même année. Une édition anglaise verra le jour en 1927. Une équipe de religieux s’emploie à la rédaction des articles et des chroniques ; des auteurs de choix, tels Félix Leclerc*, Guy Mauffette*, Alfred DesRochers*, Françoise Gaudet-Smet [Gaudet*], Marie-Antoinette Grégoire-Coupal, apporteront par la suite leur collaboration, ainsi que les illustrateurs Edmond-Joseph Massicotte*, Jacques Gagnier* et Gui Laflamme. La revue paraît encore au début du xxie siècle et s’intitule l’Oratoire. De 3 600 en 1912, le tirage sera de 122 000 exemplaires en 1932.

      L’affluence au sanctuaire continue d’augmenter. En 1913, sous la pression des laïques et avec l’encouragement de Mgr Bruchési, un projet de basilique, dont les plans sont dessinés par les architectes Louis-Alphonse Venne et Dalbé Viau, est mis en branle. L’argent nécessaire pour financer la construction de la crypte, soit 80 000 $, est déjà amassé grâce aux dons des fidèles. Les travaux commencent donc dès 1914 et l’inauguration de la crypte – première étape du projet – a lieu le 16 décembre 1917. En moins d’un an, le sanctuaire, qui peut accueillir 1 000 personnes assises, se révèle cependant trop petit. Le nombre de visiteurs s’accroît encore au cours des années 1920, pendant lesquelles le sanctuaire devient, selon la volonté de l’archevêque et de son coadjuteur, Mgr Georges Gauthier, le cœur des activités religieuses de l’archidiocèse. Des associations de toutes sortes – mouvements sociaux, syndicats catholiques, congrégations – prennent l’habitude d’y faire des pèlerinages et des rassemblements qui attirent des milliers de personnes. Dans les paroisses et les établissements d’enseignement, on organise des visites annuelles à l’oratoire.

      Les visiteurs ne viennent plus seulement de la province de Québec, mais aussi de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick, de l’Ouest canadien et des États-Unis. Le frère André les reçoit chaque jour de neuf heures du matin à cinq heures de l’après-midi. Le soir, des amis le conduisent en auto chez des malades qui ne peuvent se déplacer. Une seule personne ne suffit plus pour répondre aux quelque 200 à 300 lettres qu’il reçoit quotidiennement ; on met en place un secrétariat. En 1920, le frère André institue la tenue, chaque vendredi soir à huit heures, d’une heure sainte à la crypte, bientôt suivie d’un chemin de la croix ; ces soirées de prière attirent des centaines de fidèles. L’idée de réparation que proposent les autorités religieuses pour contrer la menace du socialisme et du communisme, ainsi que les guerres en Europe, donne lieu à diverses initiatives laïques. À compter de 1926, par exemple, Édouard-L.-H. Barsalo organise un pèlerinage à pied pour assister à la première messe de chaque année à l’oratoire ; des centaines, puis des milliers de personnes répondent à l’appel.

      Dès 1915, les supérieurs du frère André lui permettent de prendre un peu de repos deux fois par année ; il en profite pour aller visiter des parents et des amis à Sutton, à Saint-Césaire et à Québec, mais également aux États-Unis (surtout en Nouvelle-Angleterre) et en Ontario (Toronto, Sudbury et Ottawa). Sa réputation de saint et de thaumaturge le précède. Les chefs de gare annoncent sa venue et les gens se pressent à sa descente du train, à la porte des hôtels ou des presbytères où il est hébergé. C’est chaque fois l’occasion de guérisons que relatent les journaux locaux. Il revient toujours avec les offrandes données en reconnaissance des faveurs obtenues. La population réclame de plus en plus la poursuite du projet de basilique ; en 1927, Mgr Georges Gauthier autorise une souscription pour recueillir la somme nécessaire. En attendant, on continue d’aménager le terrain et d’y construire des chemins et des aires de stationnement, d’y ériger des lieux de services.

      Les merveilles qui s’accomplissent à l’oratoire Saint-Joseph suscitent l’intérêt des journaux, surtout anglophones. En 1922, George Henry Ham*, lobbyiste pour la Compagnie du chemin de fer canadien du Pacifique, publie dans le magazine Maclean’s, de Toronto, un reportage qu’il a rédigé après avoir visité le religieux et rencontré des personnes qu’il aurait guéries. Le texte suscite un tel intérêt qu’il donne immédiatement lieu à la parution, à Toronto, de la première biographie du frère André, The miracle man of Montreal, aussitôt traduite par Raoul Clouthier et publiée à Montréal sous le titre le Thaumaturge de Montréal. La même année, Arthur Saint-Pierre* reçoit le mandat d’écrire l’histoire du sanctuaire ; l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, paru à Montréal, connaîtra plusieurs rééditions.

      Après avoir montré beaucoup de réticence au sujet de son projet, les supérieurs du frère André ont fini par se laisser gagner par la sincérité, la simplicité et la conviction de celui qui, pour étayer sa cause, ne s’est réclamé d’aucun miracle ni d’aucune vision, mais seulement de sa dévotion à saint Joseph. À cette ferveur particulière s’ajoutaient l’amour de Dieu, la fréquentation de l’Évangile, ainsi qu’un culte à la sainte Famille et au Sacré-Cœur. À ses amis intimes, il racontait la Passion avec une telle émotion qu’ils en étaient remués et transformés. Avec eux, il priait et faisait le chemin de la croix. À tous, il demandait de prier. Parmi ceux qui l’ont accompagné assidûment figurent Jules-Aimé Maucotel, qu’il appelait son conseiller et qui a activement collaboré à l’organisation des cérémonies, Azarias Claude, riche commerçant qui est devenu son bras droit et son chauffeur, Joseph-Olivier Pichette, qui, après avoir été condamné par son médecin à une mort prochaine à l’âge de 25 ans, attribuait sa guérison aux longues prières avec le thaumaturge.

      Plusieurs années avant sa mort, le frère André était déjà la figure emblématique de l’oratoire Saint-Joseph. Son charisme, sa figure souriante – toute ridée et respirant la bonté –, son humour simple savaient gagner les plus indifférents. Il faisait preuve de discernement auprès de ses visiteurs, mais aussi d’une charité sans bornes : il accueillait tous ceux qui se présentaient, sans égard à leur condition sociale ni à leur religion. Même s’il aimait rire, il avait des moments d’impatience, surtout quand on lui attribuait le mérite des faveurs obtenues : « Ce n’est pas moi qui guéris. C’est saint Joseph », disait-il alors en pleurant.

      Alfred Bessette est mort le 6 janvier 1937. Son corps a été exposé à l’oratoire – auquel on a permis l’accès jour et nuit – jusqu’au 12 janvier. Un premier service funèbre a eu lieu à la cathédrale de Montréal, puis un deuxième à l’oratoire Saint-Joseph. Plus de un million de personnes sont venues de partout pour lui rendre hommage, pour le pleurer et pour prier auprès de lui. Le frère André a été déclaré bienheureux le 23 mai 1982 par le pape Jean-Paul II et canonisé le 17 octobre 2010 par le pape Benoît XVI.

      Source:  Dictionnaire biographique du Canada en ligne - Denise Robillard

    • Vidéo -  L'Oratoire Saint-Joseph

  • Sources 
    1. [S184] Acte de baptëme.

    2. [S101] Dictionnaire biographique du Canada, (http://www.biographi.ca/fr/).

    3. [S67] Le chercheur nomade.

    4. [S7] CGFA.


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